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OUVRAGES SUR MARC SANGNIER
Deux mois en Afrique et en Espagne. Notes en impressions, Marc Sangnier, ed. Don Bosco, Paris, avril 2009
La notoriété de l’auteur, la
qualité du texte, la pertinence des questions mais aussi l’âge du
voyageur au moment de l’écriture (18 ans !) sont les principales
raisons de la publication de cet ouvrage.
Les « textes africains » de Marc
Sangnier comprennent des notes manuscrites intitulées : Deux mois en
Afrique et en Espagne. Notes et impressions. Elles ont été conservées
dans les archives de l’Institut Marc Sangnier, au 38 boulevard Raspail,
à Paris. Ces textes inédits datent de 1891, année de son voyage en
Afrique du Nord et en Espagne.
Le jeune Sangnier a à peine 18 ans.
Il est accompagné de son père Félix Sangnier. Ils n’en sont pas à leur
premier voyage. Chronologiquement, ces Notes et impressions occupent la
treizième place dans le grand album de voyages.
C’est cette
sincérité qui donne du sens à ces manuscrits : l’auteur y décrit les
choses telles qu’il les voit ; les personnes telles qu’elles
apparaissent à ses yeux, avec leurs cultures, leurs loisirs, leur
générosité ou leur méchanceté, selon le lieu où il se trouve.
Malgré
la simplicité du style et le support fragilisé par l’usure, ces notes
sont d’une grande profondeur et elles offrent au lecteur matière à
réflexion. Il y est constamment invité à un voyage à la fois
intellectuel, spirituel et théologique, respectueux du temps et de
l’espace. Et quand on connaît l’âge de l’auteur, les surprises se
succèdent d’une page à l’autre.
« Il faut, (…) saisir dans
ce qui se passe, l'innombrable et l'absolu, voir dans ce monde
imparfait et changeant, comme une grande ébauche de ce qui est éternel
et parfait ; l'homme selon l'expression d'un grand philosophe, pense
sous forme d'éternité.
En vérité l'idée des choses
que nous emportons avec nous vaut mieux que les choses elles-mêmes et
celui qui a découvert la divinité en traversant le monde et l'âme peut,
dès cette terre, commencer à jouir de la grande unité de l'éternel
présent. »
Marc Sangnier, 24 septembre 1891
- Marc Sangnier, le semeur d’espérances, Jean-Jacques Greteau, Paris, l’harmattan, 2009, (32,50 €, en vente à l’Institut Marc Sangnier).
"Je suis habitué, moi, à jeter des
semences dans les sillons mais le laboureur qui met le grain en terre
meurt souvent avant l'été". Rarement la vie d'un homme public aura vu
autant de graines jetées à la volée et rarement leur germination aura
été aussi longue et laborieuse. Car germination, il y eut au bout du
compte. La vie de Marc Sangnier est une interrogation sur le sens d'une
vie politique réussie. Sont-ce mystifications de la politique, les
succès électoraux et leur fugacité fondent cette réussite ou les
combats - défaits ou victorieux peu importe que l'on mène au nom de ses
convictions les plus affirmées ? N'est pas simplement, selon le mot de
Bernanos, la victoire de la politique de l'honneur sur l'honneur de la
politique ? Toute sa vie, Marc Sangnier fut d'abord un combattant. Rien
ne pouvait le distraire de son but lors qu'il avait choisi une cause
pour laquelle il était prêt à tout sacrifier. Réconcilier l'Eglise et
la République, combattre pour améliorer la condition sociale du peuple
au travail, lutter pour sauvegarder la paix si l'encre du traité de
Versailles sèche, tous ces combats procédaient chez de la même
conviction : c'est l'homme qu'il fallait protéger puis élever. Comme de
Gaulle - à qui tant de traits le rattachent - il aurait bien dire lui
aussi que " la seule querelle qui vaille est celle de l'homme ". Lire
Sangnier 60 ans après sa mort c'est lire le monde tel qu'il devrait
être. Hier comme aujourd'hui. C'est remettre à leur juste place, les
vraies valeurs et les faux semblants.
Sa vraie liberté de ton et sa
connaissance de l'époque n'auraient pas suffi à Jean-Jacques Greteau
s'il n'avait lu tout ce que Sangnier a écrit proclamé dans
l'enthousiasme, aux quatre coins de l'Europe ni s'il n'avait dépouillé
des cartons d'archives qui lui ont fait découvrir nombre d'éclairages
nouveaux. Avec son sens de la formule, il dresse de son personnage un
portrait plein d'humanité. Il fait revivre la figure d'un combattant
d'une énergie exceptionnelle qui, jusqu'au bout, a conservé la maîtrise
de lui-même. Même si, au jour de sa mort beaucoup de ses semailles
n'avaient pas encore germé.
Né en 1947 à Augé (Deux-Sèvres),
Jean-Jacques Greteau est diplômé de l'institut d'Etudes Politiques de
Paris. Dans ses ouvrages, il poursuit avec bonheur toujours la même
quête : comprendre l'Histoire moderne au travers de ceux qui la firent,
modestes figurants ou acteurs de premier plan.
- Marc Sangnier, L’aventure du catholicisme social, Denis Lefèvre, Mame, Paris, 2008 (22 €, en vente à l’Institut Marc Sangnier)
Ouvrage passionnant, riche
d’informations, et d’une présentation claire qui nous mène des premiers
temps de l’aventure du Sillon jusqu’à aujourd’hui .Le message qu’il
transmet a plus que jamais besoin d’être entendu. Le travail de Denis
Lefèvre, qui vient au bon moment, y contribuera grandement. Cet
immense travail d’enquête, de recherche et de documentation n’est pas
le premier livre de ce journaliste. En effet, il a rédigé de nombreux
ouvrages sur l’Europe et les questions éthiques et religieuses, il a
publié aussi les carnets intimes de l’Abbé Pierre. Issu du milieu
agriculteur à Breny, ou il habite encore, il a choisi de cultiver les
mots au lieu des champs et a connu Marc Sangnier en écrivant son livre
sur les Emmaüs. Il résume ainsi ses préoccupations : « l’amitié
franco-allemande, la construction européenne, la justice sociale, le
développement de l’économie solidaire et sociale pour faire contrepoids
à un capitalisme dévoyé, la recherche d’un troisième voie, la place
laissée aux plus pauvres dans nos sociétés, nos relations avec les pays
en voie de développement ».Par ses propres efforts au comité de
jumelage du canton avec Grasleben en Allemagne, Denis Lefèvre poursuit
ainsi l’œuvre de Marc Sangnier.
Denis Lefèvre revisite le parcours de
Marc Sangnier, figure du catholicisme social, de la démocratie
chrétienne, et en suggère les héritiers actuels. (La Croix).
- Le Sillon de Marc Sangnier et la Démocratie sociale, Actes du colloque de Besançon, mars 2004 (13 €, en vente à l’Institut Marc Sangnier).
- Marc Sangnier, Témoignages, Jean-Claude Delbreil, Paris, Beauchesne, 1997
Jean-Claude
Delbreil est à l’origine de cette série d’interviews auprès de
personnes ayant connu Marc Sangnier. Cette enquête a pris la forme d’un
recueil de témoignages. Différentes étapes ont été nécessaires pour
aboutir à cet ouvrage enrichissant. L’enquête a porté essentiellement
sur Marc Sangnier lui-même, à la fois sur l’homme, la personne mais
aussi sur ses idées et son activité dans tous les domaines, leur
postérité, leur rayonnement et leur impact jusqu’à nos jours.
Jean-Claude
Delbreil est également l’auteur de différents ouvrages comme Les
catholiques français et les tentatives de rapprochement franco-allemand
dans l’entre deux guerres, Centrisme et démocratie-chrétienne, le parti
démocrate populaire des origines au MRP (1919-1944) La Revue « la Vie
intellectuelle », Cerf, Paris, 2008.
- La Revue « La vie Intellectuelle », Marc Sangnier, le thomisme et le personnalisme, Jean-Claude Delbreil, Cerf, Paris, 2008 (25 €, en vente à l’Institut Marc Sangnier).
La revue La vie intellectuelle, fondée
en 1928 par les Pères dominicains des éditions du Cerf, a été l’une des
revues les plus importantes de la France des années 1930. Lancée pour
lutter contre l’Action française après la condamnation de 1926, elle a
été aussi un carrefour d’influences où s’est rencontrée toute une
partie de l’élite catholique française : anciens Sillonnistes, ou
personnes marquées par les idées de Marc Sangnier, néothomistes
maritainiens, tenants de la » nouvelle chrétienté » ou de « l’esprit
des années 30 ».
- Francisque Gay et les démocrates d’inspiration chrétienne 1885-1963, Jean-Michel Cadiot, Salvator, Paris, 2006 (29,50 €, en vente à l’Institut Marc Sangnier).
Disciple de Marc Sangnier, adversaire
irréductible de Charles Maurras, Francisque Gay a été éditeur et
journaliste .Fondateur de la Vie Catholique (1924) et du quotidien
l’Aube (1932), il fut un membre éminent de la Résistance avant de
devenir vice-président du conseil et ministre d’Etat du général De
Gaulle, de Félix Gouin et de Georges Bidault en 1946-1946. Rassembleur
du courant de pensée des démocrates d’inspiration chrétienne lui et ses
compagnons marquèrent profondément la vie politique et sociale
française au XXème siècle.
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